Switch Collective : où comment faire le bilan calmement et trouver un job qui a du sens.

Qui n’a pas déjà rêvé de poser sa démission pour partir faire le tour du monde ? Qui ne s’est pas déjà plaint du manque de sens dans son travail ? Qui n’a pas déjà eu l’idée de monter sa boîte ? Vous vous reconnaissez ?

Aujourd’hui en France, 70% des jeunes actifs entre 18 et 35 ans ne se reconnaissent plus dans leur travail (étude Ipsos Doing Well, octobre 2014). Effrayant, non ?

Pour lutter contre l’insignifiance dans le travail, Clara et Béatrice ont décidé de faire bouger les choses ! En 2015, elles créent Switch Collective, un programme sur-mesure pour tous ceux qui se posent 1 000 questions sur leur job.

On craque pour ce projet qui nous parle. Rencontre avec deux trentenaires passionnées et déterminées à redonner du sens au travail et à nous accompagner à faire quelque chose qui nous ressemble. Prêtes à switcher ?

Bonjour, comment allez-vous en ce début d’année 2016 ?

Clara & Béa : Au top ! C’est un début intense et riche pour Switch Collective et donc pour nous.
D’autant que 2016 sera l’année des « Switcheurs » ! Selon le « Trend Observer » d’Ipsos, il n’a jamais été aussi urgent de donner un sens à sa vie, de redevenir maître de son temps, bref de « switcher ».

En quelques mots, pouvez-vous nous dire qui vous êtes et quel est votre parcours ?

Clara & Béa : On a des parcours assez différents, même si on a toutes les deux commencé par une école de commerce. Béatrice a poursuivi avec une école de Socio puis a switché pas mal de fois entre cabinets de conseil, grands groupes et agences de com. Clara, elle, s’est orientée dans le secteur public sur le projet du Grand Paris puis en lançant l’initiative French Tech au sein du gouvernement.

switch-collective

Quelle est l’histoire de Switch Collective ? À qui vous adressez-vous ?

Clara & Béa : On s’est rencontrées il y a deux ans, au cours de la formation Koudetat à The Family. On s’est tout de suite rendu compte qu’on partageait les mêmes réflexions depuis longtemps ; à la fin de nos études, le fameux “Tout ça pour ça” puis, face au marché du travail, la difficulté à rentrer dans les cases, le besoin de plus de sens et d’impact. Et surtout, on a réalisé qu’on n’était pas ou plus les seules à se poser toutes ces questions ! Ça a été comme un électrochoc quand on est tombées sur ce chiffre : 91% des salariés ne se sentent pas engagés dans leur travail (étude Gallup 2012) ! On s’est rendu compte qu’on ne parlait pas juste de cas isolés en crise existentielle précoce, mais bien de quelque chose de plus global, partagé par tout un tas de gens. C’est alors qu’on s’est mises à penser que redonner du sens au travail était une mission d’utilité publique ! On s’adresse donc à tous ces actifs en quête de sens et de changement qui se sentent bloqués dans leurs jobs mais ne savent pas par où commencer !

Qu’est-ce qui vous a poussé à switcher vous-même ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Clara: Après 6 ans dans le secteur public sur des missions par ailleurs géniales, j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais apporter au « système » de l’État, à cette très lourde machine. J’avais besoin de plus de dynamisme et de liberté et j’ai tiré le constat que je pouvais aussi porter des projets d’intérêt général en tant qu’entrepreneur.

Béa: De mon côté, je ne me retrouvais plus dans mon job. En fait, depuis la fin de mes études, il me manquait toujours quelque chose. Soit c’était intéressant intellectuellement mais terrible humainement ou en termes de qualité de vie, et inversement. Après plusieurs expériences, je me suis rendu compte que ce serait partout pareil, que ce n’était pas un « autre job » que je voulais mais créer quelque chose qui me ressemble, bref, créer le mien. Aujourd’hui ça paraît une évidence mais le cheminement a été long pour me défaire de tous mes déterminismes sociaux.

switch collective-itstime

Vos conseils pour tous ceux qui s’ennuient dans leur job mais n’osent pas switcher ?

Clara: Souvent on a envie de changer mais ça parait une montagne ! Il faut dédramatiser, comprendre qu’il n’y a pas de grand saut mais que des petits pas. D’ailleurs on conseille toujours de ne pas quitter son job du jour au lendemain mais d’engager plein de petits changements au fur et à mesure qui mènent à effectivement sauter le pas au bon moment.

Béa : Oser s’explorer. Aller vers tout ce qui nous fait vibrer (sans finalité dans un premier temps). Tester et voir. Et ensuite, une fois que l’on commence à bien identifier son projet, se lancer et quitter son job. On peut faire tellement de choses aujourd’hui tout en restant en poste (cours du soir, programme le week-end, retraites, MOOCs…).

Quels sont, selon vous, les bons ingrédients pour une reconversion professionnelle réussie ?

Clara: Il y a autant d’ingrédients que d’histoires personnelles et d’individualités ! Nous sommes entrés dans l’ère du switch, celle de la fin des routes toutes tracées/standardisées. Les chemins sont plus chaotiques, faits d’expérimentations, d’entrées, de sorties, de bifurcations et de reconversions possibles. Dans ce nouveau monde, l’enjeu n’est plus de trouver un job mais de se créer son propre job et son propre parcours avec son propre mix d’ingrédients. C’est précisément ça que nous apprenons aux gens : à inventer leur propre parcours avec leurs propres ingrédients.

Béa : Effectivement, il n’y a pas d’ingrédient miracle qui pourrait convenir à tout le monde. Par définition, il s’agit plus de créer un parcours unique et donc du « sur-mesure ». En revanche, on pense quand même qu’il y a quelques « patterns » récurrents et notamment :
– prendre du temps pour soi, pour se poser les bonnes questions ;
– ne pas rester uniquement dans la réflexion, au contraire, passer très rapidement à l’action, tester, expérimenter et aviser ensuite ;
– savoir écouter ses tripes et pour ça, se reconnecter à son intuition et à son corps ;
– accepter qu’il s’agit d’un process long et non d’un marathon de quelques heures.

Quelle est votre philosophie dans la vie ?

Clara: Pour métamorphoser le monde, il faut déjà se métamorphoser soi-même ! C’est important de se connaitre et de savoir s’inventer/se réinventer pour contribuer à réinventer le monde. Comme disait Jim Morrison : « There can’t be any large-scale revolution until there’s a personal revolution, on an individual level. It’s got to happen inside first ».

Béa : Le voyage… dans tous les sens du terme.
« En route, le mieux c’est de se perdre. Lorsqu’on s’égare, les projets font place aux surprises et c’est alors, mais alors seulement, que le voyage commence. » – Nicolas Bouvier
S’explorer continuellement. Accepter de se perdre. Laisser place à la surprise, à l’imprévu. Apprendre sur soi, sur les autres. S‘enrichir. Grandir…

Vous ne pouvez pas vivre sans…

Clara : Politique ! Mais la politique au sens premier et noble du terme, pas celle que nous donnent à voir les politiciens. C’est-à-dire le fait de proposer une vision du monde et de la société et de la mettre en œuvre. Nous avons besoin d’entrepreneuriat politique pour prendre à bras le corps la crise du travail et les autres. Comme disait Martin Luther King : “La vraie compassion, ce n’est pas jeter une pièce à un mendiant ; c’est comprendre la nécessité de restructurer l’édifice même qui produit des mendiants.”À notre niveau, c’est de l’entrepreneuriat politique que nous faisons avec Switch Collective pour réinventer le travail.

Béa : Collectif… Pas parce que c’est à la mode (quoique tant mieux !) mais j’ai fondamentalement besoin d’œuvrer pour quelque chose qui me dépasse, de plus grand que moi. C’est pour ça qu’on ne s’appelle pas juste « Switch ». Le problème auquel on s’attaque dépasse complètement l’échelle individuelle. C’est d’une transformation collective dont il est question.

Des projets à venir ?

Clara & Béa : Des milliers ! On commence en mars la session 2 de notre 1er programme de formation « Fais le bilan calmement ». On va ensuite développer d’autres programmes de formation dans la foulée. Et puis on poursuit également notre cycle de conférences « Work As We Know It Is Dead » avec des conférences sur la fin des métiers traditionnels « tels qu’on les connaît » : le Consultant (avril), le Journaliste (mai), l’Avocat (juin). À terme, on aimerait aussi avoir un lieu pour incarner tout ça, mais on y va pas à pas !

Rendez-vous sur leur site pour plus d’infos !

Elles organisent des évènements Pitch Your Switch toutes les 6 semaines, sautez le pas !