Quitter son job et ses fausses certitudes ou comment se perdre pour mieux se (re)trouver ?


Comment décrire avec des mots justes la sensation qui me traverse depuis des mois ? Celle qui chamboule tout, qui me fait perdre tous mes repères ?

Voilà 6 mois que j’ai quitté mon job. Pourquoi ? Un gros ras-le-bol, une impression d’étouffer, de passer à côté de mes journées, de ne plus voir la lumière du jour, de ne plus supporter le terrible syndrome de la réunionite aigue, de ne plus trouver de sens à toute cette mascarade. Non mais c’est vrai, quel être humain normalement constitué peut-il supporter cette vie-là, que l’on traverse à 300 à l’heure comme des zombies. Pas moi.

Un matin, le nez collé à la vitre de la ligne 13, respirant la douce odeur matinale des aisselles de mon voisin, j’ai eu un choc : vais-je devoir supporter ça toute ma vie ? Non, parce que le temps d’un stage c’est ok, un petit CDD, bon pourquoi pas, mais quand ça dure, quand chaque jour se ressemble et que tu as la désagréable impression que la vie te roule dessus, ce n’est plus respirable, si ?

« Je devais quitter tout ça. »

Pour moi ça ne l’était plus : j’étouffais littéralement. Le poids sur la poitrine devenait de plus en plus lourd et l’issue inévitable : je devais quitter tout ça.

Alors ça a pris du temps, beaucoup de temps, mais je suis partie et c’est là que ça devient intéressant. Comment un corps et un mental endormis depuis des années réagissent à ce vide intersidéral qui nous remplit soudainement ?

Mal. Il faut le dire, c’est violent. En tout cas pour moi ça l’a été. Pas vraiment de happy-ending  ou de révélation divine : plutôt le début d’une longue, étonnante et passionnante rencontre : celle que je fis avec moi-même. Cela peut paraître étrange : la nana a 31 ans et ne se connaît pas ? Eh bien je croyais me connaître sur le bout des ongles, j’avais tout un tas de fausses croyances sur moi-même et un paquet de certitudes. Je croyais connaître mes goûts, mes moteurs dans la vie, ce qu’il fallait faire ou non pour réussir, et j’y étais accrochée, que dis-je agrippée : comme une moule à son rocher. Et ça n’a pas été facile de lâcher. Ce n’est d’ailleurs pas terminé car pas évident de faire une rencontre aussi capitale : c’est impressionnant, c’est déroutant : constater que nous ne sommes pas du tout celle que nous croyions être. C’est même flippant. Parfois on a envie de partir en courant, de faire marche arrière, de retrouver sa bonne vieille ligne 13 et même pourquoi pas les aisselles de son voisin. C’est con mais on la connaît cette vie-là, on la maitrise, on sait faire avec. C’est plus confortable qu’il n’y paraît.

Quitter cela et découvrir autre chose, lâcher son rocher et tomber dans le vide est épuisant et ça peut faire mal.

« Pour rien au monde je ne ferais d’autre choix. »

Malgré tout cela et la terrible sensation d’être passée en mode essorage pendant des jours et des jours, pour rien au monde je ne ferais d’autre choix. J’ai perdu mon confort et ma vie bien rangée, je n’appartiens plus à une catégorie et on ne peut plus me ranger dans une case. Embêtant, hein ? Enivrant.

Quitte à n’avoir qu’une seule vie autant la passer avec celle que je suis vraiment. Aujourd’hui, je réapprends tout et j’essaie des choses nouvelles. Je me cherche et me trouve parfaitement. Alors c’est vrai, je ne sais plus de quoi sera fait demain, ni même ce qui animera mes journées, mais se connaître et agir en phase avec soi n’a pas de prix. Je sais que tout arrivera au moment où je serai prête à l’accueillir. J’ai confiance et je respire. Je vis ma vie et plus celle que les autres voulaient que je vive. Je crois que les belles choses arrivent quand on parvient à lâcher son rocher, quand on ne se laisse plus guider par ses peurs mais par ses désirs profonds. Apprendre à les écouter peut prendre toute une vie mais je suis prête maintenant.

 

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