Bonjour Laure, comment ça va en ce moment ?

Divinement bien !

Ton projet consiste à aider les femmes à se lancer dans la grande aventure de l’entreprenariat. Peux-tu nous en dire plus sur Les Aventurières ?

J’ai conçu les Aventurières à cause d’une grande frustration : je voyais autour de moi plein de femmes talentueuses, généreuses, créatives coincées dans des boulots et une image d’elle-même qui les empêchait de développer leurs talents. 

C’est devenu une obsession : je me disais « la personne du bureau d’à côté est peut être une photographe, ma voisine a peut être une solution pour lutter contre les discriminations, le changement climatique ou autre, mais on ne le saura jamais parce qu’elle manque d’outils, de modèles et d’un environnement bienveillant pour oser se lancer. »

Tu te définis comme « l’anti-école de l’entreprenariat », pourquoi ?

Parce que je veux créer un environnement à l’opposé du modèle de bonne élève dont souffrent beaucoup de mes clientes. Je l’ai expliqué en détail dans cet article : http://www.lesaventurieres.com/2016/11/25/programmees-pour-echouer/, pour moi l’école et la façon dont la plupart des entreprises sont organisées nous programment pour échouer. 

On y apprend, en particulier quand on est une fille, à respecter l’autorité plus que nos propres instincts et sentiments, à faire passer les autres avant nous, à être constamment en compétition avec tout le monde, et à suivre les signes extérieurs de richesse, plutôt que les signes intérieurs de richesse. 

Je sais que l’école évolue, et ce n’est pas un plaidoyer contre l’école, mais pour la libération des bonnes élèves. Chacun de mes articles, des mes services, de mes posts a pour objectif de créer un environnement propice à l’aventure, à l’exploration, à la collaboration et au plaisir et à l’abondance. 

Ce ne sont pas vraiment les mots clés qu’on met en avant dans l’entrepreneuriat ou à l’école habituellement, d’où le terme d’anti-école.

Qu’est-ce qui t’as poussé toi-même vers l’entreprenariat ?

Depuis l’école, et même mes études, j’ai toujours eu un problème : je m’ennuyais très vite. Pendant longtemps, j’ai pensé que c’était normal, que ça faisait partie de la vie de tout le monde. Pourtant, en dehors des cadres j’étais très curieuse : je dévorais les bouquins, je me créais des mondes imaginaires, je pouvais geeker sur un sujet et ne parler que de ça pendant des semaines, et dès que possible, je créais quelque chose : un journal à la fac, des sites et articles dans une association féministe, un site d’interviews de femmes inspirantes… 

En parallèle de ces créations qui me passionnaient, je jouais le rôle de la business woman qui a tout pigé et gère sa carrière. A tel point que je me sentais – au sens propre – étouffée : j’avais de plus en plus de mal à voyager, à prendre les transports, à sortir de ma zone de confort et de mes habitudes. 

Comme je suis habituellement une boule d’énergie et d’enthousiasme, sous pression j’étais devenue une boule de stress et d’anxiété. Tout me paraissait insurmontable. Je me suis dit que j’avais assez essayé de rentrer dans les moules de l’entreprise, qu’il était temps d’explorer autre chose (et bien sûr j’avais les méga chocottes). 

A ce moment là, je n’avais pas d’idée précise de ce que je voulais faire, juste mon obsession de libérer le génie des femmes. C’est le début des Aventurières. 

C’est quoi pour toi une aventurière ?

Une Aventurière, c’est une fille qui vit selon ses valeurs, qui crée ce qu’elle a envie de créer et qui ose y aller, même si elle a la trouille et qu’elle n’est pas vraiment sûre de ce que ça va donner. 

Les Aventurières sont les femmes qui créent de nouveaux modèles de réussite et d’entrepreneuriat : des modèles plus inclusifs, créatifs et respectueux de l’humain et de l’environnement que le modèle à la Mad Men qui perdure aujourd’hui. 

Pour moi c’est plus qu’un terme, c’est un mouvement : je crois fondamentalement que les femmes doivent se libérer des clichés et du sexisme pour libérer leurs talents, et qu’en faisant ça elles ont le pouvoir d’apporter un nouveau modèle qui libérera tout le monde. On ne peut plus continuer à valoriser les systèmes qui broient les humains et leur créativité. 

Une Aventurière apporte sa pierre vers un entrepreneuriat (et plus largement un modèle de vie) où l’on réussit ensemble, où l’on se concentre sur les signes intérieurs de richesse et où le plaisir et la facilité sont des vertus, pas des aveux de faiblesse. 

La reconversion, la quête de sens est l’histoire de beaucoup de femmes aujourd’hui. Quel est le premier conseil que tu donnerais à celles qui n’osent pas sauter le pas ?

D’y aller à leur rythme, et de ne pas se laisser décourager. Même si je travaille quasi exclusivement avec des entrepreneures, j’ai aussi beaucoup de femmes dans ma communauté qui se cherchent et n’ont pas forcément envie de monter une entreprise. Le plus important, c’est de se remettre à l’écoute de ce qui t’anime et de reprendre la responsabilité de ton bonheur et de tes talents. 

Libérer son génie c’est d’abord s’accorder du temps, explorer nos passions, et chercher ce qui nous tient vraiment à coeur. 

Je dirais aussi de ne pas attendre de grande révélation mystique, de vocation tombée du ciel et qui rend tout évident. On a toutes des sujets auxquels on est plus ou moins sensibles, et il y a des causes, des envies, des hobbies qui nous parlent de façon intime : pour certaines, c’est fabriquer des chapeaux qui nous donnent envie d’oser, pour d’autres c’est l’alimentation qui nous reconnecte à nous-même, pour moi c’est la libération de génie par l’entrepreneuriat… 

J’ai d’ailleurs écrit un e-book sur le sujet « 30 jours pour trouver sa voie » que vous pouvez télécharger ici !

Ne cherche pas une Vocation avec un grand V, cherche une conversation à laquelle tu as envie de participer, et vas-y. 

Quels sont, selon toi, les ingrédients indispensables pour créer sa boite (et réussir) ?

J’adore cette question parce qu’elle va directement au coeur de la vraie question : qu’est-ce que ça veut dire ‘réussir’ ? Je connais des gens qui ont réussi aux yeux du monde et dont le génie est toujours emprisonné dans les conventions et les cadres. 

Pour moi, les ingrédients indispensables sont : 

  • la bienveillance (envers soi même en particulier), 
  • l’enthousiasme pour ce que tu fais (si ça n’a pas de sens pour toi, ce sera dur de garder le cap dans les moments de doute) 
  • la curiosité enfantine (aimer apprendre de nouvelles choses, accepter de se planter pour mieux comprendre comment les choses fonctionnent)
  • et un fort esprit de coopération (si tu n’as pas une équipe de choc pour te soutenir et fêter tes réussites, il faut se mettre dans l’état d’esprit de la créer)

 

Quelle est ta philosophie dans la vie ?

Aller voir où le plaisir et la curiosité m’emmènent. 

Tu ne peux pas vivre sans…

…inspiration

Des projets à venir ?

Plein ! Je suis ravie de mes accompagnements en individuel (http://www.lesaventurieres.com/plan-conquete-univers/), et je suis en train de créer mon premier programme d’accompagnement de groupe sur 6 mois, Business Love, où je vais travailler avec 4 à 6 femmes sur l’approfondissement de leur marque et de leur activité, pour passer de « j’ai des clients mais c’est irrégulier et flippant » à « j’ai trouvé ma place et ça se voit ». 

Je sortirai au printemps une série de mp3 : le kit de survie d’entrepreneure, pour ces moments où tu as envie de te noyer dans une piscine de vin et que tu te dis « pourquoi je fais ça déjà? ». 

J’ai aussi un projet d’écriture de livre autour de la Signature Emotionnelle, ou comment réinventer notre modèle de réussite et créer des entreprises sauce aventurière, mais je sens qu’il me faut une partenaire là dessus, pour être innovants côté édition et côté format. Je fais confiance aux choses, quand ce sera le bon moment, tout tombera parfaitement en place. 


Retrouvez Laure sur son site : http://www.lesaventurieres.com

Crédit photo : Fabrice Jaume