J’ai 30 ans et je ne suis pas prête


« Tu sais l’horloge biologique tourne, tu ne pourras pas avoir d’enfants toute ta vie »

Voilà, j’ai eu 30 ans cette année et j’étouffe. J’étouffe de toute cette pression sociale, d’entendre encore régulièrement des phrases qui m’insupportent : « et le mariage c’est pour quand ? », « tu sais l’horloge biologique tourne, tu ne pourras pas avoir d’enfants toute ta vie », « c’est pas avec toi que je vais devenir grand-mère », « tu es incapable de choisir le bon partenaire », « tu as déjà fait un investissement immobilier ? Non, parce que c’est maintenant », « tu es sûre qu’il va vouloir des enfants ? », « ne perds pas ton temps, tu seras trop vieille ensuite », « tu ne vas pas faire des enfants à 40 ans tout de même », etc.

Mais qui êtes-vous ? Oui, vous… vous qui vous permettez de déterminer l’agenda de mon existence ? Depuis quand la vie doit-elle être planifiée ? Et si, moi, à 30 ans j’avais simplement décider de quitter mon job et monter ma boite pour vivre autre chose ? Oui, j’ai dit au revoir à ma carrière bien tracée et déjà ça, ça vous a posé problème : « elle est folle, avec la conjoncture économique actuelle ce n’est pas le moment de monter sa boite », « une entreprise sur 3 meurt dans les 3 premières années », etc. Bla-bla-bla. Ah, vous nous mettez bien la pression. Pression pour qu’on vous ressemble, pression aussi peut-être parce que vous n’avez sans doute pas eu la force de suivre vos rêves ?

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JE NE SUIS PAS UNE ENTREPRISE : non, oublions les « deadlines », ne nous mettons plus en mode « projet » : comme si le monde de l’entreprise avait dangereusement pris le pas sur nos vies intimes, sur l’humain. Alors je ne vais peut-être pas respecter votre calendrier mais vous n’êtes pas mes clients.

J’ai donc l’honneur de vous annoncer qu’après des années à avoir subi vos belles paroles, je leur tourne désormais le dos.

Non je n’aurai pas d’enfants à 30 ans. D’ailleurs je n’en aurai peut-être jamais. Qui peut bien le savoir ? On ne fait pas un enfant pour plaire à belle-maman ou pour rentrer dans le timing imposé par la loi de la connerie. Non. Moi quand je ferai un enfant je veux que ce soit parce que j’en aurai infiniment envie, que je me sentirai capable de le porter, de l’élever et de le rendre heureux.

Et puis, le mariage. Parlons-en du mariage. Il faudrait donc que : parce que j’ai 30 ans, parce que voilà 2 ans que je suis en couple, que je me plie à cette tradition, là maintenant tout de suite ? Sinon quoi ? Sinon mon couple ne tient pas la route pour vous ? Eh bien encore une fois, je vous tourne le dos.

J’ai choisi aujourd’hui d’assumer : je ne suis pas prête.

Pas prête pour toutes ces choses que vous voulez m’imposer. D’ailleurs, je n’aime pas qu’on impose, je n’ai jamais aimé. Déjà petite, je ne comprenais pas pourquoi je devais me priver de mes robes printanières sous prétexte que nous étions au mois de novembre. Je les aimais mes imprimés floraux qui donnaient du baume au cœur et ce, même si ce n’était pas la saison.

J’aime choisir, j’aime décider. J’aime prendre les chemins dont les autres ont peur même si parfois ils me terrorisent aussi. J’aime me dire que pour une fois, après avoir gâché bon nombre de mes pensées à cause de votre regard, je choisis d’avoir la liberté de décider de ce qui est bon pour moi. Si cela n’est pas conforme à vos attentes je n’en ai rien à faire. Il s’agit de ma vie et elle est précieuse.

J’aimerais souvent pouvoir totalement vous oublier, j’aurais bien moins de problème. Je ne torturerais pas mon esprit à chercher à savoir si je suis ou non conforme à ce que l’on attend de moi.

La prochaine fois que vous croiserez une jeune femme mariée ou non, avec ou sans enfant, en couple ou célibataire, s’il vous plait, arrêtez de la juger, votre parcours n’est peut-être pas le sien et cela ne la rend pas moins douée pour la vie que vous.

Laissons la liberté de choisir du sens de son existence prendre le dessus sur les conventions que la société veut nous imposer. #BEFREE

 

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