Lili Barbery-Coulon - Yoga Kundalini

Lili,  c’est la femme parisienne à qui on aimerait ressembler : toujours chic, jamais trop.  Ancienne journaliste, blogueuse à temps plein mais aussi maman, c’est de sa très jolie plume qu’elle partage chaque jour avec sa communauté son goût inné des belles choses, ses bonnes adresses, ses conseils beauté et autres voyages. Chez Healthy & Co, nous la suivons depuis longtemps et nous avons pu observer son cheminement vers le yoga et plus particulièrement le yoga Kundalini, cette pratique passionnante dont tout le monde parle. Pour Lili, une passion est née et nous avons souhaité l’interroger sur le sujet. Rencontre.

Pour la première fois de ma vie, j’avais accès à une source intérieure de bien-être intarissable. J’étais à ma place, j’avais trouvé mon endroit.

Hello Lili, nous te suivons depuis longtemps via ton blog et avons observé ton cheminement vers le yoga Kundalini et avions envie d’en savoir plus ! Comment as-tu découvert cette pratique ?

Une de mes amies m’a convaincue de venir tester un cours. Je n’avais jamais eu de révélation pendant un cours de yoga. Je m’ennuyais généralement et restais toujours à l’extérieur de la sensation de bien-être que tout le monde décrivait autour de moi. J’étais trop agitée, je n’étais pas prête. Lorsque mon amie a commencé à me parler de ses cours de yoga kundalini, j’étais donc très sceptique. Par amitié, j’y suis allée en me disant que cette expérience ferait probablement un bon article pour le blog. Ce premier cours a provoqué un choc. Pour la première fois de ma vie, j’avais accès à une source intérieure de bien-être intarissable. Tout dansait à l’intérieur de moi. Je suis sortie en apesanteur. Je me suis sentie protégée, invincible. Le même genre de sensations que lorsqu’on vient de tomber amoureux. J’étais à ma place, j’avais trouvé mon endroit.

Lili Barbery-Coulon - Yoga Kundalini

Photographie de Carla Bertozzi pour lilibarbery.com

Comment se déroule un cours de yoga Kudalini ? Qu’est-ce qui le différencie d’un cours de yoga plus traditionnel comme le hatha ?

Un cours de yoga kundalini se déroule généralement en quatre phases. On reste les yeux fermés presque du début à la fin, histoire de rester connecté à son espace intérieur. On les ouvre juste pour regarder l’enseignant.e si l’on n’a pas compris une posture ou bien lorsque les postures exigent qu’on ait les yeux ouverts. Pendant la première phase, on se met au diapason en chantant un mantra d’ouverture, toujours le même « ong namo guru dev namo » qui signifie: je m’incline face à la sagesse universelle qui est en moi et je passe de l’ombre à la lumière par transparence. On se concentre sur sa respiration, un peu comme dans une méditation en pleine conscience, guidé par la voix du ou de la prof. Pendant la deuxième phase du cours, on agite son corps à travers une série de mouvements et de respirations très dynamiques qui vont permettre de nettoyer un organe, de cibler un chakra particulier et de faire monter l’énergie du bas de la colonne vertébrale jusqu’au sommet du crâne. C’est très intense et jamais un cours ne ressemble à un autre, ce qui permet de ne pas se lasser. La plupart du temps, les profs accompagnent cet enchainement (qu’on appelle un kriya) par de la musique où l’on entend des mantras. On doit se concentrer sur tellement de choses – la respiration active, les mouvements des muscles, le point entre les sourcils, la musique qu’on entend – qu’on débranche le mental. On entre dans une transe légère qui nous permet de dépasser les pensées du type : « c’est trop dur, je ne vais pas y arriver, j’ai mal aux bras… ». Pendant la troisième phase du cours, on fait une méditation chantée et accompagnée d’un mudra (une posture particulière avec les mains et/ou les bras). Les mantras sont en sanskrit, en gurmukhi ou en anglais. Ils sont traduits par le prof et tournent toujours autour de l’idée de célébrer le sacré qui est en nous, d’accepter ce qui est, d’honorer notre authenticité. Les mots ont de l’importance mais même si on ne comprend pas le sens de ce qu’on chante, le son agit. Ca parait dingue mais c’est vrai: ça marche à notre insu, c’est très puissant, même les plus sceptiques sont souvent les premiers surpris. Enfin, pendant la dernière phase, on s’allonge et on scelle toutes les énergies pendant quelques minutes. Dans certaines salles, les profs profitent de cette relaxation pour jouer du gong, ce qui fait vibrer tous les liquides… et comme on est composé à 70% d’eau, ça secoue 🙂

Pourquoi les personnes qui pratiquent le kundalini sont-elles souvent habillées en blanc ?

Je ne m’habille pas toujours en blanc mais c’est vrai que c’est l’usage. La raison est simple. Avez-vous déjà mis un linge noir au soleil ? Il absorbe tout et devient vite brûlant alors qu’un t-shirt en coton blanc va rester frais. Les couleurs sombres aimantent toutes les énergies, pas seulement celle du soleil. Imaginez toutes celles qu’on dégage dans un cours de yoga. L’idée est de porter du blanc pour avoir un effet bouclier. Et puis, on rayonne encore plus lorsqu’on porte des teintes très claires. 🙂

 

Ce n’est pas une pratique sportive que j’ai découverte. C’est un mode de vie.

 

Le Kundalini semble t’avoir profondément touchée. Qu’est-ce que cela t’a apporté ? Pourquoi ce coup de coeur ?

Ce n’est pas une pratique sportive que j’ai découverte. C’est un mode de vie. Une nouvelle façon de voir le monde. Le yoga kundalini est une thérapie psycho-corporelle extrêmement puissante lorsqu’on pratique plusieurs fois par semaine. Progressivement, j’ai eu l’impression de me rapprocher de mes désirs véritables, j’ai fait beaucoup de ménage dans ma tête et je sais désormais précisément ce qui me fait du bien. J’ai moins besoin d’approbation extérieure qu’avant, je me sens plus confiante en l’avenir, car je me sens connectée à un tout beaucoup plus grand que moi… Je sais que ça parait fou…

Qu’est-ce que le Kundalini a changé dans tes habitudes, ton quotidien ?

Dès que je traverse une difficulté (la vie continue à apporter son lot quotidien de petits tracas et de grandes douleurs), je sais que la méditation peut m’aider à prendre du recul, à voir clair. Je mange plus en conscience et j’écoute beaucoup plus mon corps qu’avant. Je pratique trois fois par semaine en cours, et j’essaie de pratiquer les autres jours en me levant  chez moi, même si c’est court. Un petit peu, c’est toujours mieux que rien du tout.

À qui s’adresse ce type de yoga ?

En terme d’âge, à tout le monde, il y a dans les cours des hommes, des femmes de tout âge. C’est un yoga qui est assez sportif mais on le pratique à son rythme, sans se comparer aux autres, il n’y a pas de bons ou de mauvais élèves. Pas de postures acrobatiques comme dans le yoga qu’on voit en photo sur les réseaux sociaux mais il faut développer pas mal d’endurance pour tenir les mouvements sur de longues durées. Il assouplit le dos et m’a guéri de beaucoup de douleurs chroniques. La dimension thérapeutique est importante: je pense que ce yoga s’adresse à ceux qui ont envie d’une activité qui allie la spiritualité, la thérapie et l’exercice physique. C’est très global.

Pour tous ceux qui auraient envie de s’y mettre, aurais-tu un studio ou un professeur à conseiller ?

Tous les profs ne me conviennent pas, je teste énormément de cours partout dans le monde et je me rends compte que si la technologie est la même, il y a des profs qui m’emmènent beaucoup plus loin que d’autres: ceux qui ont une modernité dans leur discours, une manière de lier le cours avec les épreuves que l’époque nous inflige… Et la musique compte beaucoup aussi. J’aime tout particulièrement Caroline Benezet qui réussit toujours à m’embarquer. Elle est sublime et j’aime beaucoup ses choix musicaux et la manière qu’elle a d’enseigner. Ce qu’elle dit au début du cours résonne toujours beaucoup en moi et j’aime le fait qu’elle nous laisse explorer sans trop commenter pendant le kriya. J’adore aussi Anne Bianchi, une prof très différente, très rigoureuse, elle pousse ses élèves à toujours faire mieux, ne compte pas son temps et met beaucoup de profondeur dans chacun de ses cours. Anne est mon amie depuis de nombreuses années, elle était journaliste et a complètement changé de vie. J’admire beaucoup son engagement et sa volonté. Ponctuellement, je suis aussi des cours de Camille Param Devi qui est une bulle de champagne joyeuse et enthousiaste. Elle fonctionne sous forme de cycles en répétant le même kriya pendant un mois plein. Ca peut paraitre lassant pour certains mais l’avantage est qu’on progresse vraiment dans les postures. J’ai aussi testé un cours d’Adèle Tiaga Charan Kaur que j’ai trouvé très chouette. Patricia Iveton remplace parfois Caroline Benezet et je la trouve très bienveillante avec ses élèves. A Los Angeles et à Majorque, je recommande vivement les cours de Guru Jagat. Et à New York, ceux de Mila à Golden Bridge Yoga et ceux de Siri Rishi chez Rama Yoga Institute NYC, une super prof, moderne comme j’aime.

Ton mantra ?

May the long time sun shine upon you, all love suround you, and the pure light within you, guide your way on, sat nam!

Sat Nam signifie véritable identité ou la vérité est mon nom. Honorons ce qui nous rend unique. C’est la seule voie possible pour réussir sa vie, à mon sens.

 

 

Lili vient de publier Pimp my breakfast, un superbe livre qui fait l’éloge du petit-déjeuner (doit-on rappeler notre passion pour cet instant de la journée ?). Dans cet ouvrage, elle nous apprend à faire de ce moment un vrai moment de qualité : des recettes, de l’inspiration et de magnifiques clichés. Courez l’acheter !

 

Crédit photo de couverture : Géraldine Couvreur